Actualité des idées: les livres à ne pas manquer

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Actualité des idées: les livres à ne pas manquer

Qui mène le monde ?

Noam Chomsky

Traduit de l’anglais par Julien Besse

Lux éditions

«Qui mène le monde? Cette interrogation en soulève une autre : quels principes et quelles valeurs mènent le monde? Cette question devrait préoccuper en premier lieu les citoyens des pays riches et puissants. Ceux-ci jouissent en effet d’une liberté, de privilèges et de possibilités considérables, fruits des luttes de leurs prédécesseurs, et se trouvent devant des choix décisifs quant à la manière de répondre à des enjeux d’une importance cruciale pour l’humanité.» Dans cet ouvrage, achevé au lendemain de l’élection de Donald Trump, Noam Chomsky offre une vue d’ensemble de la géopolitique actuelle et une synthèse des rouages politiques qui la sous-tendent : des sanctions américaines contre l’Iran à la politique de torture que pratique l’armée des États-Unis, en passant par la montée en puissance de la Chine et ses conséquences sur les États-Unis et l’ «ordre mondial», sans oublier la nouvelle guerre froide qui couve en Europe de l’Est et la guerre planétaire contre le terrorisme. De moins en moins contraintes par la structure que l’on dit encore démocratique, les puissances mondiales d’aujourd’hui ont un tel potentiel destructeur qu’il est plus urgent que jamais de prêter attention à leurs détracteurs.


 

Actualité des idées: les livres à ne pas manquer

Manuel de l’antitourisme

Rodolphe Christin

Ecosociété/Polémos

Le tourisme est la première industrie mondiale, même s’il est pratiqué par seulement 3,5% de la population… Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l’avènement des congés payés, ont intégré « un devoir d’ailleurs et de loisirs ». Mais qui n’a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs ? Qui n’a jamais ramené de vacances le sentiment de l’absurde ? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde : ni la pollution qu’elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu’elle vient niveler et encore moins la conscience de l’Autre qu’elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme ? Rodolphe Christin nous invite à retrouver l’essence du voyage : préférer le chemin à la destination, et « disparaître » plutôt qu’apparaître partout.


 

Actualité des idées: les livres à ne pas manquer

Bernard Charbonneau ou la critique du développement exponentiel

Daniel Cérézuelle

Le Passager clandestin

Bernard Charbonneau (1910-1996), pionnier de l’écologie politique, est aussi sans conteste l’un des critiques les plus précoces du dogme de «la croissance technique et économique indéfinie».  Son œuvre, écrite pour l’essentiel dans les années 1940 et ignorée jusque dans les années 1970, est d’une densité et d’une fulgurance qui n’ont guère à envier à celle de son ami Jacques Ellul. La désorganisation écologique et sociale engendrée par le développement exponentiel de la science et de la technique, explique-t-il, appelle en retour la mise en place d’un ordre social géré par la science et la technique, où s’ensevelira la liberté humaine. Le développement nous condamne à vivre dans un monde dont nous nous essoufflons à suivre les transformations permanentes. Il s’agit donc de ralentir, « mais un tel choix de la liberté suppose que l’on sacrifie pour une part l’efficacité, le rendement, ou plutôt ce que les maniaques de la puissance appellent ainsi ». Les auteurs réunis dans cette collection dirigée par Serge Latouche constituent les racines de la pensée politique de la décroissance. L’apport de Bernard Charbonneau à cette pensée est présenté ici par Daniel Cérézuelle, spécialiste français de Charbonneau ; la seconde partie de l’ouvrage est composée d’extraits qui offrent un accès direct à son œuvre.


 

Actualité des idées: les livres à ne pas manquer

Naissance de l’écologie

Caroline Ford

Traduit de l’anglais par Béatrice Commengé

Alma éditions

Les Français n’ont pas attendu les années 1970 pour s’intéresser à l’environnement. Tout au long des XIXe et XXe siècles, les catastrophes naturelles – notamment les grandes inondations de 1856 et 1910 – ainsi que les dommages causés par la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation alarment l’opinion publique. Ce ne sont pas seulement les naturalistes et les scientifiques, mais aussi les politiques, les ingénieurs et les artistes qui se passionnent alors pour la cause.  Sous le Second Empire on «verdit» les villes. Avec l’avènement d’une bourgeoisie urbaine, la nature devient à la fois un objet esthétique et un enjeu touristique. L’expansion coloniale, elle-même, participe du débat : elle renouvelle la perception du monde dit «naturel» et de son usage. Les débats sont vifs tant les acteurs sont nombreux. Très vite cependant, au tout début du XXe siècle, la France met en place un arsenal juridique visant à protéger l’environnement et – la première – appelle la communauté internationale à coopérer sur le sujet. Caroline Ford signe ici un ouvrage fondateur en offrant une étude synthétique du « souci de la nature » propre à la France.

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