Actualité des idées: les livres à ne pas manquer

L'effondrement des puissances

L’effondrement des puissances  

Leopold Kohr (préface d’Olivier Rey) 

Traduction Thomas Bourdier

R&N éditions

Leopold Kohr montre que tout au long de l’Histoire les peuples qui ont vécu dans de petits États sont plus heureux, plus pacifiques, plus libres, plus créatifs et plus prospères. Il soutient dans une analyse brillante et passionnante que ce qui est trop gros ou trop grand finit toujours par s’effondrer et que seule la juste mesure et le retour à l’échelle humaine permettraient à l’humanité de se sauver de l’abîme. Publié pour la première fois en 1957 aux États-Unis par un écrivain autrichien qui s’était exilé pendant la guerre, L’Effondrement des puissances, avec ses visions prophétiques, ses idées originales, ses saillies provocatrices, son analyse sceptique, lucide et ironique de la nature humaine dans la lignée de Schopenhauer, est plus que jamais d’actualité en ce début de XXIe siècle, de période de globalisation et d’hubris démesuré. Il est la porte d’entrée exaltante d’une réflexion subversive.


 

Le déclin du courage

Le déclin du courage

Alexandre Soljénitsyne

Les Belles Lettres

Il y a 100 ans naissait Alexandre Soljénitsyne : c’est l’occasion de relire son discours prononcé à Harvard en 1978. Le 8 juin, il disait aux étudiants de l’université : «Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur Terre n’en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.» «Non, je ne peux pas recommander votre société comme idéal pour transformation de la nôtre. (…) Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. À l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue.»


 

Capitalisme de plateforme

Capitalisme de plateforme. L’hégémonie de l’économie numérique

Nick Srnicek

Traduit de l’anglais par Philippe Blouin

Lux éditions

Google et Facebook, Apple et Microsoft, Siemens et GE, Uber et Airbnb : les entreprises qui adoptent et perfectionnent le modèle d’affaires dominant aujourd’hui, celui des plateformes pair-à-pair du capitalisme numérique, s’enrichissent principalement par la collecte de données et le statut d’intermédiaire qu’il leur confère. Si elles prospèrent, ces compagnies peuvent créer leur propre marché, voire finir par contrôler une économie entière, un potentiel monopolistique inusité qui, bien qu’il s’inscrive dans la logique du capitalisme dit «classique», présente un réel danger aux yeux de quiconque s’applique à imaginer un futur postcapitaliste. Dans ce texte bref et d’une rare clarté, Nick Srnicek retrace la genèse de ce phénomène, analyse celui-ci de manière limpide et aborde la question de son impact sur l’avenir. Un livre essentiel pour comprendre comment les GAFA et autres géants du numérique transforment l’économie mondiale, et pour envisager des pistes d’action susceptibles d’en contrer les effets délétères.

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