Entretien: Séverine Auffret “La femme n’est pas un homme comme les autres”

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    Féminisme différentialiste

    Séverine Auffret vient de publier une monumentale Histoire du féminisme de l’Antiquité grecque à nos jours, aux éditions de l’Observatoire. Agrégée de philosophie, elle fait entendre une voix singulière au sein de la nébuleuse féministe.


     

    Thibault Isabel : Les féministes qui valorisent ou admettent les différences entre hommes et femmes sont souvent taxées d’« essentialisme ». Dans ce débat entre la nature et la culture, où vous situez-vous ? Le différentialisme est-il toujours un essentialisme ?

    Séverine Auffret : Merci Thibault Isabel pour vos questions profondes et pertinentes. Je vais tenter d’y répondre le plus concrètement possible, en évitant le jargon philosophique de type beauvoirien (l’En-soi, le Pour-soi, la Transcendance et l’Immanence, etc.). L’« essentialisme » supposerait que femmes et hommes obéiraient à une nature pré-déterminée qui conditionnerait éternellement les personnes et leurs agissements. Ce n’est assurément pas ma position personnelle. Le « différentialisme », qui reconnaît des différences entre les femmes et les hommes, s’avère plus proche d’un « existentialisme » du simple constat. Jusqu’à preuve du contraire, il s’avère que les femmes ont une capacité génésique, un corps doté d’un utérus par lequel passe toute reproduction humaine. Toutes et tous, humains sur cette terre, sommes les productions de l’utérus fécond d’une mère individuelle qui nous a portés quelque neuf mois dans son intérieur. Le dénier serait absurde.

    L’utérus des femmes se connecte à d’autres attributs. D’où découle une sensibilité, entre autres érotique, différente. Tout ceci n’a rien d’une « essence », mais d’une incontestable existence.

    L’utérus des femmes se connecte à d’autres attributs : organes sexuels, vagin, clitoris, « lèvres », seins, ovaires, menstruations dès la puberté et jusqu’à la ménopause, pilosités particulières : chevelure généralement abondante, ni barbe ni moustache, aspect lisse de la peau, silhouette moins haute et dotée d’une taille plus marquée que celle des mâles, hanches plus larges et épaules plus étroites, musculature plus légère, traits plus fins du visage. Et bien évidemment : commande, dès la gestation, de tous ces éléments dans le cerveau. D’où découle une sensibilité, entre autres érotique, différente. Tout ceci n’a rien d’une « essence », mais d’une incontestable existence.

    Thibault Isabel : Vous distinguez la misogynie de la phallocratie, en expliquant que la première désigne le mépris ou le rejet viscéral des femmes, alors que la seconde promeut la domination politique et sociale des hommes. De ce point de vue, dîtes-vous, on peut être phallocrate sans être misogyne – ou inversement être misogyne sans être phallocrate, ce qui serait le cas de certaines féministes universalistes. En quoi le féminisme universaliste est-il potentiellement misogyne à vos yeux ? Pourquoi le fait de considérer que les hommes et les femmes doivent être traités de la même façon, selon les mêmes critères et à l’aune des mêmes valeurs témoignerait-il d’un rejet plus ou moins inconscient des femmes ou du féminin ?

    Séverine Auffret : Vous exprimez bien la différence entre misogynie et phallocratie. De beaux exemples : le philosophe Platon n’était pas du tout misogyne, au contraire. Il considérait les femmes comme aussi intelligentes et fortes que les hommes. Capables – pourquoi pas ? –, de se battre sur les champs de bataille, de philosopher, d’enseigner, de poétiser, d’inspirer (sa Diotime du Banquet). Il était en revanche phallocrate, et sa République exigeait l’appropriation des femmes par les hommes, afin de reproduire la « race humaine ».

    La misogynie est fort courante. On la retrouve chez de nombreuses féministes universalistes du type Simone de Beauvoir ou Elisabeth Badinter: « La femme est un homme comme les autres ».

    La misogynie (haine et mépris des femmes) est fort courante, non seulement chez beaucoup d’hommes, mais chez bon nombre de femmes qui ont intériorisé et « introjecté » – diraient les freudiens et lacaniens – cette haine et ce mépris. On la retrouve chez de nombreuses féministes universalistes du type Simone de Beauvoir ou Elisabeth Badinter, qui règlent la question de la différence entre femmes et hommes sous le concept de l’Universel. « La femme est un homme comme les autres ». Remarquons l’absence de réciproque. Je n’ai lu, nulle part, cette proposition : « L’homme est une femme comme les autres »…

    Je ne conteste aucunement la généreuse intention d’accorder aux femmes les mêmes Droits qu’aux hommes, mais je refuse la soumission de ce Droit à la négation des particularités des deux sexes (l’étymologie du terme « sexe » signifie d’abord « différence », et division). Le terme universalisme renvoie à l’idée de l’Un, mâle s’entend : unifier, ramener tout à l’« essence » de l’Un. Qu’on pense au titre de Badinter : L’Un est l’autre. Et qu’on y oppose le différentialisme de Luce Irigaray : Ce sexe qui n’en est pas un.

    Féminisme différentialiste

    Thibault Isabel : Vous notez qu’en Grèce antique, Diogène Laërce, à propos d’Hipparchia, écrivait « la philosophe », ce qui fut grammaticalement proscrit en France jusque dans les années 1960, où il fallait écrire « le », même concernant une femme. Notre langue, institutionnalisée à l’époque de Port-Royal, est toujours restée tributaire de l’esprit d’Ancien Régime, très aristotélicien, qui se voulait volontiers universel et neutre, mais n’en demeurait pas moins patriarcal. Luce Irigaray aimait à rappeler quant à elle que « parler n’est jamais neutre » : elle entendait par là que, derrière le neutre français, se dissimule en réalité la forme du masculin (cela vaut pour la grammaire, mais en outre pour la République « une et indivisible », censée être neutre elle aussi). L’analyse d’Irigaray, qui me paraît très juste dans son principe, n’en pose pas moins des difficultés d’application pratique. La féminisation des noms, dans une langue aussi masculiniste que le français, ne va pas sans problèmes en effet, car elle implique parfois de lourds bouleversements. Dire « la philosophe » devrait couler de source pour tout le monde ; rien n’interdit ici l’usage du féminin. Le cas d’« auteur » est plus litigieux. « Autrice » ou « Auteuse » pourraient s’imposer, dans le sens où ils relèvent d’une certaine logique linguistique, mais ils choquent les usages et ne semblent de ce fait guère euphoniques ; « auteure », en revanche, bouscule moins nos habitudes, mais paraît quelque peu aberrant sur un plan linguistique (« une auteur » serait sans doute plus justifié, de même qu’on dit « une fleur » : vous mentionnez vous-même cet exemple). Réciproquement, il faudrait dire aussi d’un homme qu’il est « un sage-femme », ce qui est perturbant. Reste enfin le cas de tous les féminins neutres, comme « une sentinelle » ou « une vigie », qui n’ont pas de forme masculine. Comment vous positionnez-vous face à ces questions de langue ? Le féminisme doit-il réformer les usages au mépris de toute logique linguistique (c’est l’attitude « révolutionnaire », qui fait table rase du passé et de nos héritages grammaticaux) ou essayer de féminiser les noms d’une manière conforme au génie de la langue, à son histoire, à ses structures (c’est l’attitude « modérée ») ?

    Séverine Auffret : Merci encore de mentionner Luce Irigaray, grande penseuse que je vénère – autant que la formidable linguiste Marina Yaguello. Les langues ne sont pas neutres, en effet. Sous un pouvoir patriarcal répandu sur la plus grande partie de la Planète, elles sont carrément discriminantes, misogynes et phallocrates. Diogène Laërce, comme Euripide, ont parlé d’une philosophe, quand pourtant ce substantif était neutre en Grèce antique.

    La langue française fut « académisée », dans son orthographe comme dans ses accords de genre, aux temps d’une monarchie bien phallocrate.

    Dans notre langue française, on ne voit pas pourquoi le terme « philosophe » devrait s’inscrire au masculin – sauf préjugé bien sûr –, puisqu’il revêt la forme de ces mots qu’on nomme les « épicènes », sur lesquels je table énormément : secrétaire, artiste, locataire, etc., qui admettent le féminin, comme le masculin. (Remarque : la langue espagnole ne fait pas tant d’histoires. Depuis fort longtemps, on y passe aisément du « o » masculin au « a » féminin : « una maestra, una profesora, una escritora, una filosofa… ». Quant à la langue anglaise, elle « neutralise » tout, simplement, à quelques rares exceptions : les chats par exemple, qui se conjuguent toujours au féminin…) Pourquoi tant de réserves « chez nous » ? C’est que la langue française, vous le notez, fut « académisée », dans son orthographe comme dans ses accords de genre, aux temps d’une monarchie bien phallocrate. Des termes comme « autrice » y existaient avant ces réformes. Ils se sont effacés avec le temps et choquent aujourd’hui notre esthétique.

    Je ne prêche pas du tout, pour ma part, la féminisation institutionnelle des noms de la langue – attentive à l’excellente remarque de Benoîte Groult sur les mots en « eur », issus du latin « or » : la fleur, la sœur, la blancheur, e tutti quanti… Je ne vois donc pas pourquoi il serait malséant de dire : « une auteur », ou « une sculpteur ». Mais je fais confiance au génie de l’usage populaire qui, depuis des années déjà, ne se gêne pas pour mentionner : « une avocate, une magistrate, une docteur ou une professeur ». Petit conseil quand même : cultivons les épicènes !

    Thibault Isabel : Et l’écriture inclusive, qu’en pensez-vous ? J’avoue que je la trouve contre-intuitive et d’une lecture malaisée… J’ignore en tout cas ce qu’on pourrait proposer de mieux…

    Séverine Auffret : Là, bien d’accord avec vous. Je pense qu’il s’agit d’une mode momentanée, réactive et utile en ce sens qu’elle refuse cette « loi » présumée de la langue française : « Le masculin l’emporte sur le féminin », permettant d’y réfléchir. Mais, outre sa difficulté et sa laideur, je pense qu’elle passera, une fois cette conscience prise. Imaginons un roman de Victor Hugo, de Maupassant, ou un poème de Lamartine en écriture inclusive… Remarquons toutefois cette formulation d’Olympe de Gouges, dans sa Déclaration des Droits des Femmes : « Toutes les Citoyennes et Citoyens… ». Grande précurseur !

    Thibault Isabel : L’emploi du patronyme pour les enfants accorde un primat incontestable au père, d’un point de vue symbolique. Une certaine tradition psychanalytique insiste pourtant sur le fait que le père, contrairement à la mère (qui met l’enfant au monde) n’a rien d’autre que son nom pour établir la filiation. L’emploi cumulé du patronyme et du matronyme pose d’ailleurs d’autres difficultés : à la génération suivante, l’enfant peut difficilement porter quatre noms. Quelle solution préconisez-vous ?

    Séverine Auffret : Selon Jacques Lacan, en effet, le « nom du Père » serait l’expression même de la Loi – du Phallus – inscrite dans toute humanité, et « introjectée » par elle dans l’inconscient de chacun, de telle sorte que sa « forclusion » entraînerait de graves pathologies… La question d’un emploi cumulé du patronyme et du matronyme, d’ailleurs récemment autorisé en France, a pu poser problème en quelques lieux du monde. Cette cumulation fonctionne pourtant allégrement, et depuis très longtemps, en Espagne et au Portugal, où l’on s’appelle, mettons Gomez de Pilar, et, chose plus étonnante peut-être, dans les pays de langue arabe.

    Les grands penseurs arabes du XIIe siècle portent à la fois le nom de leur père et celui de leur mère. Les Grecs anciens, comme les Romains, n’étaient connus officiellement que par leur prénom, éventuellement leur « pseudonyme ».

    Les grands penseurs arabes du XIIe siècle portent à la fois le nom de leur père et celui de leur mère. Les Grecs anciens, comme les Romains (Sapphô, Socrate, Platon, Agrippine, Néron, Cicéron, Sénèque ou Plutarque…), n’étaient connus officiellement que par leur prénom, éventuellement leur « pseudonyme » (c’est le cas de Platon notamment). On déclarait dans un deuxième temps, si nécessaire, le nom de leurs père et mère, ou de l’un des deux. L’histoire du « nom du Père » n’est donc qu’une diversion, voire une baliverne.

    La solution ? Tout simplement laisser chaque personne choisir le nom de famille qui lui convient, comme elle peut choisir son prénom si ses parents lui en ont donné plusieurs. La législation française d’aujourd’hui s’y dirige, et cela ne semble pas bien grave.

    Thibault Isabel : Dans votre livre, vous évoquez la réflexion de Sarah Kofman sur le « respect des femmes ». Outre que vous rendez ainsi hommage à une merveilleuse philosophe nietzschéenne, dont le public actuel tend malheureusement à oublier le nom, vous pointez du doigt le piège d’une attitude masculine apparemment laudatrice et « respectueuse » à l’égard des femmes, mais qui en réalité ne place la femme sur un piédestal, dans toute sa vertu illuminée, que pour rabaisser les femmes réellement existantes, qui ne sont jamais à la hauteur de leur modèle idéal. L’idéologie du respect des femmes tend par ailleurs à en faire de petites choses fragiles qu’il conviendrait de protéger. Quelle serait en pratique la voie d’une attitude authentiquement respectueuse des sexes l’un envers l’autre – je veux dire par là une attitude équilibrée et dépourvue de condescendance, si du moins cette définition vous convient ?

    Séverine Auffret : Sarah Kofman a raison de dénoncer, chez Kant et chez Rousseau, la condescendance qui commande ce qu’ils nomment « le respect des femmes ». Il s’agit en effet de les « tenir en respect » dans une distance qui les éloigne de « Nous », sous-entendu les Hommes. Respectées parce qu’elles seraient faibles et dignes d’une protection – mais pour l’un comme pour l’autre, inaptes à la science, et moins encore à la philosophie. Sous peine de quoi, elles se couvriraient vite de… moustaches ! Comme vous le proposez, je pense que la notion de respect n’a de valeur que dans une authentique réciprocité. Que chacun des sexes respecte l’autre dans ses différences, en évitant toute forme de mépris, de violence ou de viol !

    Thibault Isabel : Le féminisme revêt souvent, aujourd’hui en particulier, une dimension très militante et partisane, qui peut prendre la forme d’une certaine agressivité et être vécue par les hommes – ou une partie d’entre eux – comme une attaque non seulement politique contre le patriarcat, ce qui n’aurait rien de répréhensible, mais comme une marque d’androphobie. Le combat féministe, s’il s’en prend à juste titre à la domination masculine, court en somme toujours le risque de réactiver la guerre des sexes d’une manière quelque peu éruptive. Est-ce un mal nécessaire ? Est-ce un bien ? Les hommes sont-ils trop susceptibles ? Et y a-t-il un moyen d’éviter ces tensions entre les sexes, dans le cadre de la remise en cause des idées phallocratiques ?

    Séverine Auffret : Les hommes – certains hommes – sont peut-être trop susceptibles en effet : il est toujours pénible de se voir ôter de séculaires prérogatives. Pensons par exemple aux attaques dont fut victime, au XVIe siècle, une des premières pamphlétaires féministes : Marie de Gournay, la « fille d’alliance de Montaigne ». Les hommes prétendaient alors s’accorder le Privilège des Lettres (« la Lyre »), et une femme ne devait pas écrire, et moins encore publier, mais s’en tenir à « la Quenouille » : sa seule activité légitime.

    C’est le Patriarcat qu’il faut combattre dans toutes ses instances économiques, politiques, sociales, juridiques et religieuses, et non « l’Homme en général ».

    Que certaines féministes poussent leur révolte jusqu’à l’« androphobie » n’est pas impossible ; cela s’est vu et se voit encore aujourd’hui. Mais à leur tort. L’androphobie – quand bien même de cruelles expériences y entraînent certaines femmes – est aussi contestable à mes yeux que la misogynie. Car l’ennemi des femmes n’est pas « l’homme en général », mais tel ou tel, campé dans son Mythe de la virilité si bien inventorié dans l’ouvrage récent d’Olivia Gazalé, et, surtout – c’est la grande découverte du féminisme post-68 –, cette structure sociale qui fonde nos sociétés : le Patriarcat. C’est elle qu’il faut combattre dans toutes ses instances économiques, politiques, sociales, juridiques et religieuses, et non « l’Homme en général » : une essence encore, tout aussi inepte que celle de « La Femme ».

     

    Histoire du féminisme

    3 Commentaires

    1. Encore et toujours la confusion entre genre masculin et neutre. Dommage… Si vous renoncez au neutre accusé d’être masculin, Olympe devrait avoir dit “toutes les citoyennes et tous les citoyens sont surprises et surpris par la réaction des parisiennes et des parisiens, il est vrai, agressifs et agressives”. Pourquoi le neutre ne s’applique-t-il pas aux adjectifs ? En quoi enlaidir et alourdir servirait votre juste cause ? Enfin, demain, elle fera beau. Ou il et elle fera beau, plutôt. Je me perds…

    2. La question du neutre est une des plus épineuses du débat, sur un plan linguistique. A titre personnel, j’adhère à la position de Luce Irigaray, que je tiens pour une des plus grandes philosophes françaises du XXe siècle. J’approuve donc l’idée selon laquelle “parler n’est jamais neutre”, et j’ai pour cette raison le souci de pointer du doigt certaines étrangetés de la langue française, formalisée à l’époque de Port-Royal selon des modalités très patriarcales. Mais j’ai le souci également de procéder à ces réajustements dans le respect des usages et du sentiment euphonique, ainsi que dans le respect de la logique linguistique. Or, indéniablement, le neutre fait sens dès lors qu’on se réfère par exemple à des objets à la fois masculins et féminins, ou à un objet neutre, comme dans “Il fera beau”. Le problème n’en reste pas moins que le neutre français a été formalisé sous le prédicat du masculin; et cela n’a pas été un choix neutre, car cette formalisation traduisait au moins pour une part l’arrière-plan patriarcal de la société. Le neutre aurait pu en français ne pas prendre la forme du masculin. La langue aurait aussi pu avoir la délicatesse de mieux différencier les genres grammaticaux chaque fois que c’était cohérent, ce qu’elle n’a pas fait. En ce qui me concerne, je suis donc d’avis de conserver le neutre tel qu’il existe, puisque le réformer entrerait en contradiction trop flagrante et brutale avec le poids des habitudes (on ne peut pas créer une tournure neutre du genre: “On fera beau”), et je suis d’avis de féminiser en revanche les noms chaque fois que c’est cohérent. Je trouve légitime par exemple de dire une “autrice” ou une “écrivaine”, si l’usage finit par l’accepter. Dire la “cheffe” me semble être au contraire une aberration, puisque le “chef”, en vieux-français, c’est la tête. On ne va pas dire d’un homme qu’il est à “le” tête d’une entreprise, et je ne veux pas dire non plus d’une femme qu’elle est “cheffe” d’entreprise, car je tiens à la réciprocité logique. De même, je suis contre l’écriture inclusive, d’une lecture trop malaisée, voire hideuse dans certains contextes, bien que je souhaite favoriser les formules tenant compte des hommes et des femmes, des femmes et des hommes (“citoyens, citoyennes”; “citoyennes, citoyens”). L’essentiel est que ces débats soient posés et discutés. Car, en ce qui concerne les réponses à apporter, il n’y en a peut-être pas de bonnes…

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