Thibault Isabel: “Nietzsche et la psychanalyse”

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    Friedrich Nietzsche

    Friedrich Nietzsche a exercé une influence majeure sur la psychanalyse, non pas tant dans sa composante freudienne que dans les marges du mouvement analytique. Nietzsche, de l’aveu même de Freud, fut peut-être le premier véritable psychologue des profondeurs. Thibault Isabel nous livre les clés de cette filiation intellectuelle inattendue, qui nous ramène à Jung, Adler, Rank et quelques autres grands noms de la métapsychologie.


     

    Nietzsche s’est largement inspiré de la psychologie de son temps pour développer ses propres positions philosophiques. On trouve par exemple, éparses dans son œuvre, des références à la théorie de l’induction psychomotrice de Charles Féré[1], ainsi que des commentaires sur d’importants débats psychopathologiques, tels que l’influence du milieu sur le développement de l’individu[2] ou encore le rôle de la volonté au sein du psychisme[3]. De plus, le philoso­phe n’a pas hésité, dans sa critique des phénomènes cul­turels, à recourir au vocabulaire psychiatrique pour définir les diffé­rents types de décadence (il évoque notamment l’hystérie[4] de Wag­ner, ainsi que la neurasthénie[5] et la folie circulaire[6] des chré­tiens). Son intérêt pour de telles disciplines ne fait donc aucun doute, et il est indéniable qu’il concevait lui-même tout un pan de son œuvre comme une réflexion sur le fonctionnement de la personnalité hu­maine.

    Friedrich Nietzsche

    Nietzsche, psychologue des profondeurs.

    Nietzsche condamne très souvent les psychologues traditionnels, leur reprochant en particulier de ne pas aller suffisam­ment loin dans leurs investigations et de rester prisonniers des catégories propres à la pensée idéaliste – dualisme de l’esprit et du corps, croyance en la Morale, etc. Cette défiance le conduira à affirmer que « les thérapies psychologiques et morales ne changent rien au cours de la décadence, ne l’entravent pas, elles sont physiologiquement nulles. Comprendre la grande nullité de ces prétendues “réactions” ; ce sont des formes de narcose qui parent à certaines conséquences fatales ; elles n’expulsent pas l’élément morbide […]. »[7]

    Le reproche que Nietzsche adresse aux psychologues est en effet qu’ils ne traitent jamais que des symptômes du mal et oublient de s’attaquer à sa racine.

    Ces remarques, si elles opposent Nietzsche à la psychologie traditionnelle, le rapprochent en revanche de ce qu’il est convenu d’appeler depuis Freud la métapsychologie. Le reproche adressé aux psychologues est en effet qu’ils ne traitent jamais que des symptômes du mal et oublient de s’attaquer à sa racine. Celle-ci étant d’origine physiologique, instinctuelle, leur idéalisme les con­traint à n’appréhender que la partie extérieure et superficielle des troubles. C’est que, pour le philosophe, « tout ce qui pénètre dans la conscience est le dernier maillon d’une chaîne, une conclusion […]. Le déroulement des phénomènes réellement liés se passe dans une région subconsciente ; les séries et les successions apparentes de sensations, de pensées, etc., sont les symptômes des enchaîne­ments véritables. »[8] A bien des égards, les efforts menés par la psychanalyse consti­tueront donc un prolongement de l’exploration nietzschéenne du psychisme.

    Sigmund Freud

    Nietzsche dans les milieux freudiens.

    Freud soulignait combien, dans sa jeunesse, Nietzsche avait pu constituer pour lui un idéal de noblesse qu’il doutait de pouvoir éga­ler un jour[9]. Il percevra jusqu’à sa mort le penseur allemand comme une figure intellectuelle de premier plan et affirmera même que « le degré d’introspection atteint par Nietzsche n’a été atteint par per­sonne avant [lui] et ne le sera sans doute plus jamais. »[10]

    Si l’influence du philosophe sur l’inventeur de la psychanalyse paraît aujourd’hui de plus en plus évidente, il convient d’en préciser les limites. Le neurologue viennois confessait en effet éprouver une certaine réticence à parcourir ses livres, répétant à l’envie que « ses tentatives occasionnelles de le lire [avaient] été étouffées par un excès d’intérêt. »[11] Il allait jusqu’à nier toute filiation directe entre eux et précisait, au cours d’une discussion avec des collègues : « Malgré les similitudes que beaucoup ont relevées entre Nietzsche et [moi], [je] peux souligner que ses idées n’ont eu aucune influence sur [mes] travaux. »[12]  S’il affirme bien « ne pas connaître l’œuvre de Nietzsche », Freud témoignera néanmoins à différentes reprises d’une très solide connaissance de ses théories, au point que l’on aurait pu mettre en doute la franchise du médecin…

    Mais cette familiarité de fait entre la métapsychologie freudienne et la philosophie dionysiaque n’implique pas que Freud ait été de mau­vaise foi ; en effet, bien qu’il n’ait sans doute pas lu les écrits de son brillant précurseur, le père de la psychanalyse a souvent été en contact indirect avec ses idées. D’abord, parce que le début du siècle a marqué l’apogée de la réception de Nietzsche dans les pays germaniques ; il était donc difficile à un intellectuel autrichien de rester totalement étranger à sa pensée. Ensuite, parce que Freud a pu, dès les années 1880, être initié aux grandes lignes de la philo­sophie dionysiaque par l’intermédiaire de son ami Joseph Paneth, qu’il avait connu à l’université. Celui-ci avait été l’un des premiers à organiser des groupes de discussion consacrés à Nietzsche, et plus particulièrement aux Considérations inactuelles ; de décembre 1883 à mars 1884, il fréquenta même régulièrement l’auteur du Zarathoustra, à Nice, et s’entretint avec lui au sujet de thèmes tels que l’antisémitisme ou l’importance de l’inconscient dans le développement de la personnalité. Ces discussions seront évo­quées, voire largement relatées, dans des lettres adressées au jeune Freud – dont on ne connaîtra cependant jamais la teneur exacte, puisqu’elles disparaîtront quelques années plus tard[13].

    Nietzsche, comme Freud, a été un lecteur fervent de Schopenhauer, qui avait déjà fait du désir et des pulsions le moteur de toutes les actions humaines, avant de voir ses thèses réélaborées par Eduard von Hartmann dans une perspective centrée sur l’inconscient.

    Quoi qu’il en soit, les similitudes de vues entres les pensées freudienne et nietzschéenne s’expliquent également par la commu­nauté de leurs influences. Nietzsche, comme Freud, a été un lecteur fervent de Schopenhauer, qui avait déjà fait du désir et des pulsions le moteur de toutes les actions humaines, avant de voir ses thèses réélaborées par Eduard von Hartmann dans une perspective centrée sur l’inconscient[14]. Le climat intellectuel de l’époque était propice à l’émergence de semblables théorisations ; il serait pour cette raison imprudent d’établir une généalogie trop nette entre les deux penseurs, bien qu’une relation toute particulière les unisse indéniablement. C’est plutôt l’intégration des mêmes sources qui, dans une large mesure, les aura conduits à développer des idées parallèles, à un moment où ces idées germaient en quelque sorte dans l’esprit occidental et attendaient de trouver une, ou plusieurs, formulation(s) concrète(s).

    En revanche, l’influence directe de Nietzsche sur un certain nombre des principaux collaborateurs de Freud ne fait aucun doute. Paul Federn, par exemple, n’hésitait pas à écrire : « Nietzsche est si proche de nos vues qu’il ne nous reste plus qu’à nous demander ce qui lui a échappé »[15]. Mais le philosophe allemand sera surtout, dans des proportions variables, à l’origine de toutes les dissidences surve­nues au sein du mouvement, jusque dans les années 1920, de sorte que Freud le retrouvera sur sa route chaque fois qu’il se brouillera avec un de ses partenai­res[16].

    Alfred Adler

    Alfred Adler et la volonté de puissance.

    C’est d’abord Alfred Adler, en 1911, qui s’en prendra à la libido freudienne pour lui substituer la notion de volonté de puissance. L’hypothèse régulatrice de Nietzsche servira en quelque sorte de garantie au psychanalyste pour légitimer son hostilité envers le pansexualisme freudien et refonder une théorie psychologique basée sur l’agressivité et la compensation du sentiment d’infériorité.

    Adler ne cher­chait pas tant à mettre en place une psychologie nietzs­chéenne qu’à utiliser un concept nietzschéen, à partir duquel il espérait développer une vision socialiste de la psychothérapie et des sciences sociales.

    L’interprétation proposée par Adler était toutefois tributaire des erreurs de jugement propres à l’Europe du début du siècle sur le sens de la philosophie nietzschéenne. La volonté de puissance n’était ainsi envisagée que dans un seul de ses versants, la volonté de domination, et Nietzsche passait aux yeux de chacun pour avoir défendu une morale de l’exploitation, de l’égoïsme. Adler ne cher­chait d’ailleurs pas tant à mettre en place une psychologie nietzs­chéenne qu’à utiliser un concept nietzschéen, à partir duquel il espérait développer une vision socialiste de la psychothérapie et des sciences sociales. Comme le souligne Paul-Laurent Assoun, « il n’est que trop clair qu’une divergence profonde séparait l’univers adlérien de l’univers nietzschéen et que les emprunts d’Adler n’hypo­théquaient pas les théories de Nietzsche lui-même, tant une théorie de la surcompensation se trouve éloignée de la nature de la Wille zur Macht nietzschéenne, tant il y a loin de l’anodine astuce du névrosé selon Adler à l’éclatement du vouloir nietzschéen »[17]. L’utili­sation par Adler d’un tel concept rend compte en tout cas de l’intérêt suscité par le philosophe chez les psychologues de cette génération.

    Carl G. Jung

    Jung et Nietzsche.

    Jung accordera lui aussi une place importante à la pensée dio­nysiaque, que ce soit pour lui rendre hommage ou pour la réfuter, mais en entretenant toujours avec elle un rapport étroit. La discus­sion des principales idées de Nietzsche occupera une part non négligeable de son œuvre, et les lettres qu’il adressera à Freud viendront souvent témoigner de sa fascination pour le prophète de l’Eternel Retour. Paul-Laurent Assoun précise encore : « Entre 1907 et 1912, Jung évoque Nietzsche, soit pour faire mention de telle thérapeutique qui associe la théorie freudienne à la philosophie nietzschéenne[18], soit pour associer le dionysiaque à la sexualité, soit pour recommander Lou Salomé. A chaque fois, Freud laisse passer l’allusion sans y donner suite. Fait symbolique : au moment décisif de la crise, en 1912, Jung cite Zarathoustra pour revendiquer l’auto­nomie du disciple en disant qu’”on rend mal son dû au maître quand on reste seulement l’élève.” Nietzsche aura donc fourni au disciple dissident le langage de son émancipation ! »[19]

    Jung s’aven­turera souvent sur des terres que n’aurait pas reniées Nietzsche, et son lien avec le philosophe, s’il est moins évident ou explicite que chez Adler, n’en est pas moins plus profond.

    Jung, de tous les grands opposants de la première génération, sera sous doute cependant celui qui semblera le moins influencé par Nietzsche, dans la mesure où il ne lui empruntera guère ses concepts majeurs. Comme Adler, il interprétera d’ailleurs de façon très approximative la plupart des réflexions nietzschéennes[20]. Malgré tout, Jung s’aven­turera souvent sur des terres que n’aurait pas reniées le philo­sophe, et son lien avec Nietzsche, s’il est moins évident ou explicite que chez Adler, n’en est pas moins plus profond. D’abord, parce que la rupture de Jung avec Freud a été provoquée par le refus de souscrire à la définition de la libido proposée dans les Trois essais sur la théorie sexuelle (1905)[21] et qu’il a développé une conception des pulsions beaucoup moins connotée idéologi­quement que celle d’Adler. Jung était attaché à une vision indifféren­ciée de l’énergie psychique, envisagée comme la somme des tensions qui affectent l’esprit. Cette définition minimale de la libido remet en cause le primat du sexuel, sans pour autant en nier l’importance, et, de ce fait, se rapproche à bien des égards des propres vues de Nietzsche sur la volonté de puissance – force énergétique qui se manifeste en partie dans la sexualité, mais ne s’y réduit pas entièrement. De plus, Jung était, plus encore que Freud, soucieux d’affirmer la correspondance entre l’énergie psychique et l’énergie physiologique, l’une et l’autre ne constituant que les deux aspects d’une énergie vitale unique et primordiale[22]. Il envisageait également l’hypothèse selon laquelle cette énergie pourrait elle-même être un aspect particulier de l’énergie universelle, comme Nietzsche propo­sait de le faire avec la volonté de puissance.

    Friedrich Nietzsche

    La postérité psychanalytique de Nietzsche.

    A la suite d’Adler et de Jung, le troisième grand dissident de l’époque sera Otto Rank, qui rompra peu à peu avec les freudiens orthodoxes entre 1924 et 1926. Le jeune autrichien partira aux Etats-Unis développer une thérapie directement inspirée par les écrits de Nietzsche. E. James Lieberman, auteur d’une imposante biographie du psychologue, rappelle que, le jour de sa visite d’adieu à Freud, l’ancien secrétaire de la Société de psychanalyse offrira à son an­cien mentor, comme cadeau de départ, « un exemplaire de l’édition récente des œuvres complètes de Nietzsche, en 23 volumes reliés de cuir blanc. Par son cadeau, Rank voulait en fait lui dire : voici notre maître à tous les deux ! »[23] Nul doute que Freud, après s’être trouvé si souvent confronté à Nietzsche lors des multiples ruptures avec ses propres disciples, éprouvera pourtant bien des difficultés à dépasser le blocage qui l’empêchait de lire le philosophe…

    Ces références récurrentes aux thèses nietzschéennes témoi­gnent sans conteste d’une proximité de perspective étonnante entre la pensée dionysiaque et la métapsychologie.

    Ces références récurrentes aux thèses nietzschéennes témoi­gnent sans conteste d’une proximité de perspective étonnante entre la pensée dionysiaque et la métapsychologie. D’autant qu’un certain nombre de psychanalystes, en dehors des trois dissidents que nous venons de citer, tenteront de concilier avec un succès inégal ces deux corpus théoriques. Otto Gross sera l’un d’entre eux. Vers 1913, le psychiatre se fera le champion d’un nietzscho-freudisme anarchisant, soutenant l’idée qu’il faut encourager l’immoralité sexuelle pour libérer les patients de leurs névroses et saper les fon­dements de l’état conservateur. Néanmoins, ce « Wilhelm Reich nietzschéen » dénaturera considérablement les deux pensées sur lesquelles il prétendait se fonder. Le critique musical Max Graf – autrement connu dans le champ de la psychanalyse comme le père du petit Hans – fera preuve quant à lui de davantage de finesse. Il manifestera à travers quelques-uns de ses écrits la volonté de conjuguer Nietzsche et Freud dans l’approche des phé­nomènes esthétiques, tout en conservant une grande distance critique à l’égard des deux auteurs[24]. Plus récem­ment, enfin, Jean Bergeret a cité Nietzsche comme un de ses inspi­rateurs, dans La Violence fondamentale[25], où il estime que le philoso­phe peut appor­ter une lueur décisive sur certains problèmes cruciaux de la psy­chopathologie moderne.

    En France, depuis le début des années 1980, la pertinence de ce rapprochement s’est imposée à la plupart des esprits. L’ouvrage de Paul-Laurent Assoun, Freud et Nietzsche (1980), y a été pour beau­coup, ainsi que le Nietzsche, psychologue des profondeurs[26] (1982), de Louis Corman, où l’auteur met en évidence le caractère métapsy­chologique des interprétations du penseur allemand. Mais c’est sur­tout outre-Atlantique que cette problématique a été le plus souvent abordée, et il n’est pas exagéré de dire que, dans le domaine de la psychothérapie, les origines nietzschéennes de la psychanalyse y sont devenues un enjeu « à la mode »[27].

    Thibault Isabel

     

    [1] Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes, 14 [119], in Œuvres philosophiques complètes, XIV, trad. de J.-C. Hémery, Paris, Gallimard, 1977. Charles Féré est notamment l’auteur de Sensation et mouvement, Paris, Alcan, 1887, et de Dégé­nérescence et criminalité, Paris, Alcan, 1888.

    [2] Friedrich Nietzsche, Le Nihilisme européen, II, A, § 70, trad. de A. Kremer-Marietti, Paris, Kimé, 1997.

    [3] Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes, 14 [173], op. cit., XIV.

    [4] Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance, II, III, § 192 et 199, trad. de G. Bianquis, Paris, Gallimard, 1995.

    [5] Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes, 14 [181], op. cit., XIV.

    [6] « La monomanie religieuse apparaît habituellement sous la forme de la folie circu­laire avec deux états contradictoires, celui de la dépression et celui de la tonicité. » [Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes, 14 [172], op. cit., XIV]

    [7] Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance, op. cit., II, III, § 63.

    [8] Ibid., I, II, § 248.

    [9] Sigmund Freud et Arnold Zweig, Correspondance, 1927-1939, Paris, Gallimard, 1973, p. 115.

    [10] Cité in Ernest Jones, La Vie et l’œuvre de Sigmund Freud, T. II, trad. de A. Berman, Paris, PUF, 1961, p. 365.

    [11] Minutes de la société psychanalytique de Vienne, consignées par Otto Rank (en tant que secrétaire), Paris, Gallimard, 1976, p. 368.

    [12] Ibid.

    [13] Cf. Ronald Lehrer, Nietzsche’s Presence in Freud’s Life and Thought, Albany, State University of New York press, 1995, p. 47, et Paul-Laurent Assoun, Freud et Nietzsche, Paris, PUF, 1980, p. 69 sq. Freud écrit, dans une lettre du 11 mai 1934 à Arnold Zweig : « Pendant ma jeunesse, [Nietzsche] représentait pour moi une noblesse qui était hors de ma portée. Un de mes amis, le Dr Paneth, en vint à faire sa connaissance […] et il avait coutume de m’écrire des tas de choses à son sujet. Plus tard, aussi, mon attitude envers lui était restée à peu près la même. » [cité par Ernest Jones dans La Vie et l’œuvre de Sigmund Freud, T. III, op. cit., p. 517]

    [14] La Philosophie de l’inconscient, inspirée de Schopenhauer, Schelling et Hegel, paraît en 1869. L’inconscient y est défini en des termes plus métaphysiques que strictement psychanalytiques, mais le livre connaîtra un vif succès en Autriche, notam­ment dans le milieu intellectuel, philosophique et médical qui verra la naissance de la psychanalyse.

    [15] Minutes de la société psychanalytique de Vienne, op. cit., p. 372.

    [16] Cf. Jacob Golomb, « Freudian Uses and Misuses of Nietzsche », American Imago, n° 37, 1980, pp. 371-85.

    [17] Paul-Laurent Assoun, Freud et Nietzsche, op. cit., p. 75.

    [18] Il s’agit ici de la théorie psychologique d’Otto Gross.

    [19] Paul-Laurent Assoun, Freud et Nietzsche, op. cit., p. 75.

    [20] Graham Parkes en fait la démonstration dans « Nietzsche and Jung. Ambivalent Appreciation », in Jacob Colomb, Weaver Santaniello, et Ronald Leher (dir.), Nietzsche and Depth Psychology, Albany, State University of New York Press, 1999.

    [21] « Nous avons défini le concept de libido comme une force quantitativement variable permettant de mesurer les processus et les transpositions dans le domaine de l’excitation sexuelle. Nous distinguons cette libido de l’énergie qu’il faut supposer à la base des processus psychiques en général, en nous référant à son origine particulière, et nous lui prêtons ainsi également un caractère qualitatif. » [Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, trad. de P. Koeppel, Paris, Gallimard, 1987, pp. 157-158.]

    [22] On pourrait donc également opposer le vitalisme de Jung à la doctrine mécaniste de Freud. Pour ce dernier, en effet, l’énergie psychique est appréhendée comme une force biologique, tandis que, pour le premier, c’est le monde physique qui est appré­hendé comme une énergie vitale.

    [23] E. James Lieberman, La Volonté en acte La vie et l’œuvre d’Otto Rank, 9, trad. d’A. Weil, Paris, PUF, 1991, p. 308.

    [24] Dans Le Cas Nietzsche-Wagner, trad. de F. Dachet et M. Dorner, Paris, Cahiers de l’Unebévue, EPEL, 1999, Max Graf revient par exemple sur la critique nietzschéenne de l’opéra wagnérien et montre que ce dernier procède effectivement d’un nihilisme tout schopenhauerien. Mais ce constat ne doit pas selon lui nous pousser à rejeter cette grande musique, qui ne serait pas entièrement pervertie par son contenu moral et politique.

    [25] Jean Bergeret, La Violence fondamentale, Paris, Dunod, 1996.

    [26] Louis Corman, Nietzsche, psychologue des profondeurs, Paris, PUF, 1982.

    [27] Les principaux artisans de ce questionnement sont sans doute l’historien de la philosophie Jacob Golomb et le psychothérapeute Richard Lehrer. Cf. Jacob Golomb, Nietzsche’s Enticing Psychology of Power, Ames, Iowa State University Press, 1989, et Richard Lehrer, Nietzsche’s Presence in Freud’s Life and Thought, Albany, State University of New York Press, 1995. Comme c’est souvent le cas, ces ouvrages se sont très largement inspirés des livres français parus sur la question, mais ont ren­contré dans leur pays un écho bien supérieur à celui qu’avaient rencontré les com­mentaires d’Assoun et de Corman en France.

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