Arnaud Diemer: “Le mal-être au travail: une tragédie silencieuse”

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    Le modèle de société occidental repose sur un culte de la consommation qui impose lui-même une productivité sans cesse croissante. Cette recherche obsessionnelle de l’efficacité et de la rentabilité économique a toutefois un prix : le mal-être au travail s’intensifie, et les pathologies psychosociales sont devenues la principale cause des arrêts de travail dans notre pays. L’économiste Arnaud Diemer analyse les sources de ce drame humain à grande échelle, dont les pouvoirs publics peinent à prendre la mesure.


     

    Si le travail est souvent associé à une tâche plus ou moins pénible qu’il convient de réaliser (généralement sous les ordres d’un responsable), à une rémunération qu’il s’agit d’obtenir pour assouvir un besoin ou encore à une action de produire quelque chose, c’est pour alimenter un mythe construit autour de deux principes : le productivisme et le consumérisme. Ces deux principes constituent les deux piliers du système capitaliste et régulent la société de croissance. Le raisonnement économique laisse ainsi peu de place à la dimension sociale et psychologique du travail, celle qui rappelle que le travail renvoie à l’épanouissent personnel, à une intégration sociale réussie, au tissage de liens sociaux… Repenser le travail suggère ainsi de sortir de l’économie afin d’initier un nouveau projet de société.

    Usine travail

    L’essor du productivisme managérial.

    Le mythe de la société de croissance a la « peau dure », et malgré ses déséquilibres et ses crises, il continue à nous fasciner et à constituer le symbole de l’occidentalisation du monde[1]. Deux mots-clés suffisent pour qualifier cette société : productivisme et consumérisme.

    Le productivisme fait directement référence à la productivité du travail, qui n’est autre que le rapport entre la richesse créée (ici le produit intérieur brut) et la quantité de travail. Il est ainsi possible de calculer la productivité horaire du travail ou la productivité par salarié. Depuis des décennies, les pays industriels ont été caractérisés par des taux de croissance élevés de leur productivité horaire du travail.

    Obsédé par la productivité et l’élimination du gaspillage, Taylor écrivit en 1911 un ouvrage dans lequel il chercha à rendre le travail le plus efficace possible.

    Les avantages d’une augmentation de la productivité du travail sont loués (hausse des niveaux de vie et des salaires, hausse de la richesse produite, amélioration de la compétitivité internationale) et s’appuient sur une méthode encensée par les entreprises : l’organisation scientifique du travail (OST).

    Il convient de rappeler que les industriels commencèrent à se préoccuper des questions organisationnelles à la suite de la dépression économique survenue dans les années 1870. La baisse prolongée de la demande et l’apparition de capacités de production excédentaires donnèrent naissance au mouvement de l’« organisation scientifique du travail » dans l’industrie américaine, dont Taylor fut la figure de proue. Obsédé par la productivité et l’élimination du gaspillage, Frederick Winslow Taylor écrivit en 1911 un ouvrage, Principals of Scientific Management, dans lequel il chercha à rendre le plus efficace possible le travail, par nature pénible et peu valorisant.

    Travail en usine

    Les gains croissants de productivité.

    L’organisation scientifique du travail soulignait ainsi que la prospérité de l’employeur devait être accompagnée de celle des employés : les intérêts des deux parties seraient les mêmes. Taylor justifiait cette thèse en évoquant un mal qui ronge l’industrie : la flânerie des employés.

    Pour résoudre ce mal, Taylor militait en faveur d’une étude détaillée des mouvements et des temps de travail. Faute d’éducation ou de capacités intellectuelles, l’ouvrier n’était pas capable de maîtriser cette « science ». Il devait être guidé par ses chefs et d’autres ouvriers. Le travail devait donc être réglé sur la base de lois scientifiques.

    La recherche de gains de productivité ou l’élimination du gaspillage font aujourd’hui partie des compétences qu’il convient d’acquérir, faute de quoi on est qualifié d’inapte au travail ou d’incompétent.

    Ce mythe continue à exercer une certaine influence sur les chefs d’entreprises, les managers et les représentants du personnel. Le développement de nouvelles formes de taylorisme dans le tertiaire (standardisation et parcellisation des tâches et des relations) en est une excellente illustration. La recherche de gains de productivité ou l’élimination du gaspillage font aujourd’hui partie des compétences qu’il convient d’acquérir, faute de quoi on est qualifié d’inapte au travail ou d’incompétent. Dans une société en proie à la mondialisation (il s’agit ici de ne pas se faire décrocher) et à la concurrence (souvent présentée comme l’aiguillon qui nous mène plus loin, qui stimule notre créativité), être productif est un critère de réussite et d’exigence, un effort de tout instant. Dans la grande distribution, c’est l’obtention de tels résultats qui permet de garder son poste ou d’obtenir la fameuse prime de fin d’année.

    Consumérisme et mal-être

    Le consumérisme.

    Si le travail est bien soumis aux sirènes du productivisme, il est également pris en tenaille par le consumérisme. Car, faute de productivité (ou de pouvoir travailler plus), le salarié ne peut augmenter son niveau de vie et aspirer aux délices de la société de consommation. Le travailleur stressé est finalement un travailleur frustré, incapable d’assouvir ses désirs, quand ce ne sont pas des besoins vitaux. Or, cette consommation constitue un puissant moteur de la croissance (rappelons que si les français ne consomment pas autant que les américains, leur consommation représente plus de 70% de la croissance française). C’est elle qui active l’investissement – avec une anticipation des industriels, sur la base de l’optimisme ou du pessimisme ambiant – et c’est donc elle aussi qui active la production. Faute de consommation, il n’y pas de création d’emploi, mais une augmentation du chômage.

    Le travailleur stressé est finalement un travailleur frustré, incapable d’assouvir ses désirs, quand ce ne sont pas des besoins vitaux.

    La machine économique est donc implacable et laisse peu de place à une véritable réflexion sur le bien-être au travail ou à une quête de sens à donner au mot « travail ». Penser est un luxe que le travailleur ou le chômeur ne peut plus se permettre ; et le statut de salarié pauvre souligne bien les limites du travail. Les dommages collatéraux de cette société mal inspirée sont notamment le mal-être au travail, la montée des arrêts de travail (en 2016, près de 40% des salariés – hors fonction publique – ont eu un arrêt de travail, et cet arrêt a duré en moyenne douze jours) ou encore l’aggravation des risques psychosociaux. En France, les consultations pour risque psychosocial sont devenues en 2007 la première cause de consultation pour pathologie professionnelle.

    mal-être au travail

    La baisse de la productivité du travail.

    Petit retour en arrière : des années 1950 jusqu’au milieu des années 2000, les pays industriels ont vu leur croissance stimulée par l’augmentation de la productivité du travail et un haut niveau d’innovation technologique.

    La concurrence internationale à laquelle se livrent les grandes puissances industrielles a intensifié cette recherche de gains de productivité : le travail a dû s’adapter aux nouvelles formes d’organisation de la production et à l’obligation de remplir les carnets de commande des entreprises. Cette course effrénée s’est traduite dans les années 1990 par des vagues successives de déréglementation du marché du travail dans les principaux pays de l’OCDE.

    Cette course effrénée s’est traduite dans les années 1990 par des vagues successives de déréglementation du marché du travail dans les principaux pays de l’OCDE.

    Cette marche en avant vers la flexibilité totale a cependant des conséquences désastreuses sur le tissu social et relationnel (inadéquation entre vie professionnelle et vie privée, isolement des salariés, pression managériale en cascade) au point de poser la question du mal-être au travail. Cette spirale infernale est d’autant plus perceptible au niveau macroéconomique que l’on assiste depuis le milieu des années 2000 à un ralentissement de la productivité du travail.

    Si la hausse de la productivité du travail a donc toujours constitué un pilier « stable » de la croissance de nos sociétés, nous serions entrés depuis quelques années dans une phase de ralentissement, voire de « stagnation structurelle »[2]. Si l’ère de la forte croissance de la productivité du travail semble révolue[3], elle remet surtout en cause le consumérisme. En effet, la croissance de la productivité conditionne l’accroissement du revenu des classes moyennes et permet d’améliorer leur niveau de vie. Elle permet également aux sociétés de faire face aux coûts du vieillissement de la population.

    Arnaud Diemer travail

    Les « mauvaises solutions ».

    Face à cette épée de Damoclès qui risque de gripper les rouages du système capitaliste, il est possible de remettre au goût du jour les bonnes méthodes qui se sont déjà montrées efficaces dans le passé.

    1/ Promouvoir les échanges internationaux et libéraliser les derniers bastions protectionnistes (principalement dans les pays en développement).

    2/ Stimuler la Recherche & Développement pour continuer à innover.

    3/ Investir dans les infrastructures publiques (pratiques de la croissance endogène).

    4/ Poursuivre dans la voie de la dérèglementation du marché du travail et accroître la flexibilité.

    5/ Réformer l’impôt sur les sociétés et les subventions de manière à stimuler les secteurs affichant une productivité élevée.

    Toutes ces mesures visent bien entendu à relancer la machine, en s’appuyant sur une combinaison capital-travail optimale, compatible avec ce que les économistes ont coutume d’appeler la « frontière technologique ». Elles laissent cependant de côté les questions sociales posées par la persistance du chômage, la montée de la pauvreté et le mal-être au travail.

    Livre d'Arnaud Diemer

    La diminution du temps de travail.

    Plus qu’un problème, la baisse de la productivité du travail pourrait bien être salutaire si l’on envisage la fin du travail[4]. La véritable utopie consisterait ici à redéfinir les contours du travail, en sortant de l’économie. Et c’est là que les thèses soutenues par les objecteurs de croissance[5] et les précurseurs de la décroissance[6] prennent tout leur sens.

    Si le mal qui ronge nos sociétés est la montée de la pauvreté et la cristallisation des frustrations, la réduction du chômage ne constitue plus la cible imaginaire d’un projet de société et le travail ne doit plus être le moyen d’assouvir les besoins essentiels à l’existence. La démystification peut alors prendre forme et engendrer un système utopique vertueux.

    La baisse radicale du temps de travail doit profiter à l’épanouissement personnel et nous permettre de réencastrer l’économique dans le social et le convivial.

    La baisse radicale du temps travail (par radicale, nous entendons le passage de 35 heures à 20 heures) ne doit plus servir à réduire le chômage. Elle ne fait que participer à sa réduction, mais ce n’est pas sa cible. La baisse radicale du temps de travail doit profiter à l’épanouissement personnel et nous permettre de réencastrer l’économique dans le social et le convivial. Plus de temps pour sa famille, plus de temps pour ses amis, plus de temps pour les autres, plus de temps pour soi, plus de temps pour les activités sociales et culturelles. Le travail fantôme au sens d’Illich[7] se trouve ainsi libéré du travail salarié.

    Désencastrée de l’économique, la baisse du temps de travail n’est plus rattachée à une rémunération (salaire), à un niveau de productivité ou à une quelconque politique de lutte contre l’inflation. Si l’on prend l’exemple français, le passage de 39 heures à 35 heures a été amorti par une hausse de la productivité horaire du travail (la France est la championne toutes catégories des pays de l’OCDE), le remplacement d’un départ à la retraite sur 3, une inflation comprise entre 0,5 et 1% et un gel des salaires (via les conventions collectives renégociées tous les cinq ans). Cette combinaison macroéconomique largement éprouvée par les modèles économiques disparaît si l’on s’attaque au consumérisme, et donc si la consommation diminue. La baisse du temps de travail peut à ce moment s’accompagner d’une baisse des salaires, chose inimaginable dans le système actuel !

    Capitalisme et mal-être

    Vers une remise en cause du salariat ?

    Si la baisse du temps de travail fait partie intégrante d’un projet de société, si les salaires baissent suite à une diminution de la consommation, alors un dernier pas peut être franchi par la suppression des salaires et du travail lui-même. Le revenu universel peut ainsi faire son apparition… Libéré des contraintes du travail et d’une quelconque forme d’asservissement, les individus pourront choisir de travailler ou de ne pas travailler.

    Son montant sera fixé à 2000 euros par individu : un couple de deux adultes et deux enfants touchera ainsi 4000 euros par mois. La pauvreté serait éradiquée.

    Sortir de l’économie ne signifie pas faire table rase de ses mécanismes, mais bien les remettre à leur place, c’est-à-dire au service de la société et des individus qui la composent.

    Dès sa majorité, un enfant pourra toucher ce revenu, envisager de financer ses études sans recours à l’emprunt, choisir la formation qui le stimule et qui répond à ses aspirations.

    Si une personne souhaite gagner plus, elle pourra choisir de travailler. Le chômage ayant disparu, le mécanisme économique de l’offre et de la demande pourra s’inverser pour les métiers pénibles et donc redonner une certaine valeur au travail… Car sortir de l’économie ne signifie pas faire table rase de ses mécanismes, mais bien les remettre à leur place, c’est-à-dire au service de la société et des individus qui la composent.

    Arnaud Diemer portrait

    Le revenu universel.

    Le revenu universel ou le salaire serait payé en euros et en monnaies locales à hauteur de 50/50. La fin du travail serait ainsi marquée par un retour au localisme. La consommation baisserait, mais elle serait plus qualitative… Le temps serait consacré aux arts culinaires, aux achats sur les marchés locaux, ces marchés où les voitures ne sont pas nécessaires… Cette reterritorialisation des activités marquerait le démantèlement des grandes surfaces et l’essor des circuits courts. La fin du travail marquerait ainsi la fin du consumérisme à grande échelle.

    L’existence d’un revenu universel faciliterait les possibilités de financement et nous rendrait moins dépendants des banques. Associé à une taxe sur le capital (de 2 à 50% en fonction du produit d’épargne et du patrimoine) rendant insupportable toute accumulation, le revenu universel entraîne la disparition du travailleur et celle du rentier. Nous pouvons ainsi entrer dans l’ère de la convivialité et de la décroissance.

    Le revenu universel ou le salaire serait payé en euros et en monnaies locales à hauteur de 50/50. La fin du travail serait ainsi marquée par un retour au localisme. La consommation baisserait, mais elle serait plus qualitative…

    Cette entrée dans une société marquée par la fin du travail et de l’accumulation, c’est-à-dire du productivisme et du consumérisme, nous permet également de nous libérer des derniers grands bastions du capitalisme : le pouvoir de création bancaire (50% du revenu universel étant délivré sous forme de monnaie locale par les associations, les banques perdront une partie de leur monopole de création monétaire sans que ce pouvoir soit remis entre les mains de l’Etat). C’est bien la société civile et donc l’économie sociale et solidaire qui organisera la circulation de la monnaie locale en fonction de valeurs qu’il conviendra de préserver.

    La liberté de choisir de travailler (via le revenu universel), le recours aux monnaies locales ou encore le souhait d’apporter une contribution productive à la communauté (donner de son temps) pourront permettre de stimuler certaines productions, notamment celles relevant de l’agriculture biologique. Cette dernière présente des atouts écologiques, sociaux et économiques[8]. Elle est tout d’abord bénéfique pour l’environnement, car elle permet de réduire les émissions de polluants dans les sols, dans l’eau et dans l’air. Elle participe également à la préservation de la biodiversité. Elle est par ailleurs profitable sans subvention (avec un marché qui représente 7 milliards d’euros, et qui mobilise surtout près de 33.000 exploitations). L’alternative des produits biologiques s’inscrirait dans une démarche visant à consommer moins de produits tout en améliorant la dimension qualitative des denrées.

    Solidarité et travail

    Une société plus conviviale.

    Les idées évoquées ci-dessous ne sont pas nouvelles en soi. Pour certaines, elles relèvent d’utopies ou d’expériences que l’on retrouve dans l’économie informelle, l’économie sociale et solidaire ou encore l’économie collaborative. Ce qui fait corps ici, c’est qu’elles sont intégrées dans un système cohérent et structuré autour de valeurs sociétales que nous voulons préserver. Il ne s’agit pas de défendre la fin du travail, la baisse du temps de travail ou le revenu universel, mais de replacer ces alternatives dans un système global. C’est à ce prix que ces innovations sociales pourront se poser comme une alternative crédible au fonctionnement du système capitaliste. Ainsi, comme le rappelait Lyman Tower Sargent, « nous avons besoin d’utopies et de ces gens qui choisissent de vivre une vie meilleure dans des communautés expérimentales » [9] pour nous aider à démystifier la société de croissance.

    Repenser le travail s’apparente à un rêve social dans lequel l’épanouissement personnel, les relations humaines, la convivialité, l’altruisme constitueraient des objectifs de premier plan.

    C’est pourquoi nous ne devons jamais abandonner notre quête de l’utopie. Repenser le travail s’apparente à un rêve social dans lequel l’épanouissement personnel, les relations humaines, la convivialité, l’altruisme constitueraient des objectifs de premier plan. Face à l’excès d’épargne dans le monde et à la montée des inégalités, la fin du travail pourrait bien transformer certaines utopies en stratégies viables et soutenables.

    Si, pendant des années, nous avons cherché en vain des solutions pour réguler la finance, remettre en cause le productivisme ou le consumérisme, il semble bien qu’une alternative au tout marchandise soit possible. Dans un article au titre évocateur, « L’écologie politique entre expertocratie et auto-limitation », André Gorz[10] avait ouvert la voie lorsqu’il affirmait que le sens fondamental d’une politique éco-sociale était bien de « rétablir la corrélation entre moins de travail et moins de consommation d’une part, plus d’autonomie et plus de sécurité existentielles d’autre part, pour chacun et chacune ».

    Arnaud Diemer

     

     

    [1] Serge Latouche, L’occidentalisation du monde, La découverte, Paris 1989.

    [2]  A.H. Hansen, « Economic progress and declining population growth », American Economic Review, 29 (1), 1939.

    [3] R.J. Gordon, Is US economic growth over ? Faltering innovation confronts the six headwinds, Working Paper, National Bureau of Economic Research, 2012.

    [4] André Gorz, Les métamorphoses du travail, Quête de sens, 1988.

    [5] Serge Latouche, Chroniques d’un objecteur de croissance, Sang de la terre, 2012.

    [6] Ivan Illich, Libérer l’avenir, Seuil, Paris 1971 ; André Gorz, Critique du capitalisme quotidien, Galilée, Paris 1973 ; Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société, Seuil, Paris 1975.

    [7] Ivan Illich, Le travail fantôme, Seuil, Paris 1981.

    [8] H. Levrel, D. Couvet, « Le bio peut permettre de nourrir la France entière à un coût qui n’est pas beaucoup plus élevé que le conventionnel », Le Monde, 21 juillet 2017.

    [9] L.T. Sargent, « Pour une défense de l’utopie », Diogène, n°209, 2005, p. 15.

    [10] André Gorz, « L’écologie politique entre expertocratie et auto-limitation », Actuel-Marx, n°12, 1992, p. 26.

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